Caudry : Échanger ses savoirs avec le Réseau
Le Réseau d'échanges réciproques des savoirs de Caudry met en relation une personne qui cherche à apprendre et une autre qui puisse enseigner.
Le principe est simple : échanger des savoirs. « Chacun sait quelque chose et peut l'apprendre à quelqu'un d'autre », explique simplement Chantal Laurent, présidente du Réseau d'échanges réciproques des savoirs de Caudry.
Dans les locaux de la rue Camille Desmoulins, l'ambiance y est bon enfant. Tandis que quelques jeux de société sont installés dans la pièce, deux personnes jouent aux échecs. En apparence. Car en réalité, l'un est offreur, l'autre demandeur. En d'autres termes, l'un sait jouer et apprend à l'autre. Simple. « Ce mode de fonctionnement est valable avec tout », précise Sylvie Guéroult, animatrice de l'association. Apprendre le jardinage, la cuisine, l'informatique, la musique... et même apprendre à apprendre. Un comble ! « Par exemple, je sais lire mais je ne saurais pas apprendre à lire à un autre adulte, je n'ai pas les méthodes. Tout peut s'apprendre », souligne Sylvie Guéroult. Comme pour illustrer ce leitmotiv, les membres de l'association évoque alors une demande qui jusqu'ici n'a pas réussi à être combler : apprendre à faire une bonne purée de pois cassés.
L'histoire du réseau d'échanges réciproques des savoirs a débuté à Caudry en 1993. La philosophie de ce groupe d'éducation populaire est la réciprocité, l'égalité et la gratuité. Se basant sur l'échange de connaissances et de savoir-faire, les ateliers peuvent se multiplier à l'infini. « On nous donne des vêtements, pour lesquels on ouvre un vestiaire ; généralement, ça coûte 1€ et parfois il y a un accroc ou un bouton manquant. Au lieu d'aller le faire refaire pour une dizaine d'euros, on apprend la couture à ceux pour qui c'est nécessaire », donne comme exemple la présidente.
Bien plus qu'un lieu d'apprentissage, le Réseau peut devenir un lieu d'insertion. A l'image de Gérard, 55 ans : « Je me suis coupé de la société pendant plusieurs années. Depuis un peu moins d'un an, je viens ici parce que je me sens mieux. Je reprends goût à la vie en société. » Catherine, 38 ans, vient de passer une période difficile de sa vie. Venir au réseau, c'est réussir à rester active, même sans emploi. Se sentir utile. Ne pas être uniquement une maman.
« Accepter et respecter tout le monde »
A contrario, Huguette, 80 ans, se souvient être venue la première fois « par curiosité », parce qu'elle en avait entendu parler. Sylvie Guéroult analyse : « C'est la force du Réseau, on accepte et respecte tout le monde, qu'on soit gros, petit, blond... »
Fort de 210 adhérents, le Réseau d'échanges ne peut cependant pas chiffrer le nombre de personnes qui ont passé les portes du local. « Il y en a qu'on ne voit qu'une fois, d'autres qu'on ne voit pas pendant un certain temps, puis qui reviennent », explique l'animatrice. Il n'y a qu'une seule obligation au Réseau : apprendre et échanger.
Pauline Clerin
Le Réseau organise également des projets collectifs. Le 11 et 12 février et le 11 et 12 mars, vestiaire dans les locaux rue Camille Desmoulins. Rens. 03 27 85 49 72
ou 06 63 83 80 98.
Par mail : rers.caudry@laposte.net