Article du 31/07/2008 à 10:06
BA 103 : Fermeture en 2012
Le personnel de la base est venu écouter les explications du chef d'Etat major de l'armée de l'air.
Jeudi 24 juillet, le général Abrial, chef d'Etat major de l'armée de l'air, s'est rendu sur la base aérienne de Cambrai-Epinoy pour rencontrer le personnel et expliquer les raisons et conséquences de la fermeture.

« C'est la première fois que je viens ici avec le coeur aussi serré. » Jeudi 24 juillet, le général Abrial, chef d'Etat major de l'armée de l'air, ne cachait pas son amertume devant le personnel de la base aérienne 103. Personnel qu'il a tenu à rencontrer quelques heures seulement après l'annonce officielle de la fermeture de la base par le premier ministre, François Fillon. « Je n'aurais jamais pensé que j'annoncerais, un jour, que les réacteurs ne vrombiraient plus dans le ciel cambrésien. Il est en effet très difficile d'apprendre que les liens forts qu'ont su lentement tisser l'armée de l'air et la région vont bientôt appartenir à l'Histoire. » La réalité est pourtant bien là. Et si elle fut dure à exprimer pour l'officier, elle le fut au moins tout autant, sinon davantage, à entendre pour les personnels civil et militaire de la base, rassemblés ce jeudi dans le gymnase du complexe militaire.

Pourquoi la base de Cambrai ?

Devant cette assemblée muette aux visages fermés, le général est venu « expliquer les raisons de cette décision et commencer à envisager ce que sera l'avenir ».  « L'évolution du format de nos flottes et la modernisation de nos équipements nous amènent à diminuer mécaniquement le nombre de nos implantations, a-t-il  indiqué. Des choix ont dû être faits. » Faits selon des critères géopolitiques notamment. « Le Livre blanc définit un grand axe de crise qui s'étend de l'Atlantique à l'Asie centrale dont les soubresauts peuvent affecter directement ou indirectement nos intérêts. Nous devons donc consolider notre dispositif vers le sud. » La présence de l'armée dans le Nord n'est donc plus une priorité.
Autre critère retenu, celui de la géographie. « Les espaces aériens sont de plus en plus saturés dans le  nord de la France et deviennent moins adaptés aux besoins d'entraînement des avions de  chasse modernes », a expliqué le général Abrial.
Ces différents aspects conduisent à la fermeture de la base aérienne 103 dans quatre ans, comme l'a indiqué le général Abrial. L'escadron de chasse 2.12 'Picardie' sera dissous en 2009 ou 2010. Quant à l'escadron 1.12 'Cambrésis', il cessera son activité en 2012. « Le mirages 2000 du 1.12 seront transférés vers la base d'Orange », a précisé le chef d'Etat major de l'armée de l'air.

Emploi et territoire

Le général Abrial est, bien évidemment, revenu sur l'avenir du personnel. « L'armée de l'air ne laissera personne sur le bord du chemin », a assuré ce dernier. Différentes mesures vont effectivement être mises en oeuvre. Parmi elles, des conventions signées ou en cours de signature entre le ministère et de grandes entreprises, devant permettre de faciliter le reclassement des militaires dans le secteur privé. Des dispositifs visant à faciliter la création ou la reprise d'entreprise seront également élaborés. « Un pécule non imposable incluant l'actuelle indemnité de départ des non officiers pourra être versé aux militaires à plus de trois ans de leur limité d'âge », complète le général. L'armée prévoit également d'étendre l'indemnisation de la mobilité.  Différentes aides sont prévues pour les civils et militaires dans la recherche d'un nouveau logement ou en cas de perte d'un emploi suite à une affectation imposée. Au total, cette réforme va réduire de 15 900 personnes les effectifs de l'armée de l'air.
A l'adresse des élus présents dans la salle, le général Abrial a rappelé que « l'Etat s'est engagé à redynamiser la région pour recréer, à terme, un volume d'emploi et d'activité au moins comparable à celui touché par la restructuration. » On parle déjà d'un contrat de redynamisation du territoire de l'ordre de 10 millions d'euros ainsi que de l'implantation du commissariat général de l'armée de terre.
« Le temps de l'action est venu. La réforme est désormais en cours. Il faut se l'approprier pour en tirer les bénéfices attendus. » Des bénéfices difficiles, pour l'heure, à percevoir depuis Cambrai...

A lire également:
- Le reportage de France 3.


Article rédigé par :
François Clay

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Il y a 1 réaction à cet article

De roland G. (HARGICOURT)
Posté le 14 05 2010
fremeture de la B.A 103
Je souhaite que cette base continue comme avant,les militaires étaient trés appréciés a Cambrai