Dossier du 10/03/2010 à 17:29
Rencontre avec une psychomotricienne pour les enfants
Psychomotricienne au CMP de Caudry, Laurence Frenoy reçoit des enfants présentant des troubles mentaux. Elle les soigne grâce à un travail sur le corps.

Laurence Frenoy, 43 ans, est psychomotricienne au centre médico-psychologique (CMP) de Caudry. Depuis 12 ans, elle aide les enfants « à se sentir mieux dans leur tête, en passant par le corps pour améliorer les fonctions mentales perturbées. »

La psychomotricité a été reconnue dans les années 70. Issue de courants orientaux, elle se base sur l'adage : « Un esprit sain dans un corps sain », aussi bien sur les bébés que sur les personnes âgées. Elle est pourtant plus courante sur les enfants.  C'est ainsi que Laurence accueille des enfants de 0 à 10 ans. « C'est une prise en charge globale, toujours en accord avec les parents. Lorsqu'un enfant vient me voir, je le connais. Je sais ce qu'il fait de sa semaine, qui sont ses frères et soeurs. Ce n'est pas juste un patient avec des troubles. »

De façon concrète, la psychomotricienne met en place de l'expression corporelle, de la relaxation, de la peinture... « Tout ce qui peut aider l'enfant à s'exprimer. J'appelle ça, faire du bricolage, parce qu'on essaie des choses et on voit après si ça fonctionne. » Parce que si cette professionnelle a appris des techniques, elle admet qu'il n'y a pas de recette magique. « Je travaille au cas par cas. Une solution qui marche avec l'un ne va pas marcher avec l'autre. Personne ne détient la vérité.» Par exemple avec un enfant stressé, elle le placera, le ventre sur une grosse balle en plastique, pour détendre son dos et « qu'il prenne conscience de la sensation d'un corps détendu. » Sans tomber dans la kinésithérapie. « Le corps est une passerelle jusqu'au mental. »

« Il existe très peu de vrais hyperactifs »

Pour elle, il y a plusieurs types de pathologies. « Il y a des enfants qui ont de lourdes maladies mentales, comme les autistes ou les psychotiques. Ce sont des enfants qui demandent beaucoup de temps en terme de travail, mais ce ne sont pas les cas majoritaires. » Puis, il y a les enfants qui traversent une mauvaise période, qui ont des troubles mentaux, comme l'instabilité, l'inhibition... « Contrairement aux idées reçues, il existe très peu d'hyperactifs, au sens médical du terme. » Le suivi de ces petits patients peut aller de 3 mois à 3 ans. Parfois, il est nécessaire de reprendre contact, « et il y en a d'autres qu'on ne revoit jamais. »

Dans un souci de dédramatiser ce passage par la psychomotricité, Laurence Frenoy précise qu'il faut enlever la notion de faute par rapport aux parents, « il n'y a pas de jugement ». « Je cherche à comprendre d'où vient l'angoisse. Il y a souvent une part parentale, mais ce n'est pas conscient. » La psychomotricienne prend l'exemple d'une maman qui souhaite continuer à donner du lait au biberon à son enfant parce qu'il aime et qu'elle pense que c'est bien pour lui. « Le biberon laisse sous-entendre l'état de nourrisson. Passer au bol, c'est grandir. Il y a des enfants qui rejettent naturellement le biberon et d'autres qui ne veulent pas pour faire plaisir à leur maman. Je travaille sur cette expression. » Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Des symptômes à décrypter

Les symptômes de perturbation mentale sont parfois difficiles à percevoir. Une tristesse, un enfant qui mange trop ou pas assez, qui bouge peu ou trop, qui est violent.... sont autant de signes qui peuvent induire des troubles psychologiques. Pour autant, il ne faut pas tirer la sonnette si votre chère tête blonde remue un peu trop sur sa chaise. « Les soins doivent venir de la demande des parents, parce que le comportement de leur enfant est gênant. Ils arrivent que les parents viennent inquiets et qu'ils aient juste besoin d'être rassurés. Tous les mauvais moments ne nécessitent pas de soins. »

La psychomotricité, comme la psychologie, serait-elle une thérapie de plus en plus utilisée? Pour Laurence Frenoy, il n'en est rien. « Je n'ai pas l'impression d'avoir accueilli plus d'enfant ces dernières années. Nous avons toujours autant de demandes. Je vois toujours des enfants livrés à eux-mêmes, et cela dans tous les milieux sociaux. »

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