Dossier du 10/03/2010 à 17:22
Le pôle psychiatrique de Cambrai en suractivité
Depuis 1982, débuts de la psychiatrie hospitalière à Cambrai, l'offre de soins n'a cessé de se développer. Mais le Cambrésis reste une zone où les besoins sont criants.

Azzeddine Saile est le responsable du pôle psychiatrie adultes du centre hospitalier de Cambrai. Les modes de prise en charge sont diversifiés, pour répondre au plus près aux besoins des patients.

L'Observateur. Quelles sont les activités du Pôle psychiatrie ?
A.S. D'abord, il y a le centre hospitalier, qui compte 90 lits. Les patients y sont accueillis à temps plein, et regroupés en fonction de leur pathologie. Avant novembre 2008, on admettait les malades selon leur lieu de domiciliation, ce qui était beaucoup moins pertinent. Les différentes sections sont l'Usad (Unité de soin de l'anxiété et de la dépression), l'Usip (Unité de soins intensifs en psychiatrie) et l'URPS (Unité de réadaptation psycho-sociale). Les patients passent d'abord par les urgences, où ils subissent un examen somatique complet.

Ensuite, nous tentons de développer les alternatives à l'hospitalisation, regroupées depuis quelques semaines au 181 rue Gauthier. Il s'agit de l'hôpital de jour (L'Orangerie), où les patients passent la journée mais rentrent chez eux le soir. Les CMP (centre médico-psychologiques), sont les premiers interlocuteurs de la personne en état de souffrance psychique. Les consultations y sont gratuites et permettent une première prise en charge. Enfin, nous venons de créer un CATTP (centre d'accueil thérapeutique à temps partiel) rue Gauthier. Il propose des activités adaptées quelques heures par semaine à des malades qui mènent leur vie à l'extérieur mais ont encore besoin d'aide dans certains domaines. Un deuxième CATTP va bientôt ouvrir à Caudry.

Le Cambrésis plus touché que la moyenne

L'Obs. Une telle multiplication des services, n'est-ce pas compliqué pour les usagers ?
A.S. Non, car la psychiatrie concerne des pathologies très différentes, avec des besoins spécifiques. Certaines personnes souffrent de difficultés chroniques, comme la schizophrénie, qui évidemment ne se traitent pas du tout de la même manière que la dépression, l'anxiété, les troubles alimentaires... Les personnes dépressives ont besoin d'être hospitalisées à temps plein, souvent deux à trois semaines, avant de reprendre, progressivement, le cours de leur vie. Pour les pathologies chroniques, l'hospitalisation n'est pas souvent nécessaire, mais le suivi sera beaucoup plus long, parfois toute la vie, avec un traitement médical en sus.

L'Obs. Le territoire du Cambrésis présente-il des spécificités ?
A.S. Oui. Il y a à la fois une surreprésentation des maladies psychiques et un manque de médecins psychiatres. En terme de dépression, d'anxiété, d'addiction, de suicide, le Nord-Pas-de-Calais a les plus mauvais chiffres nationaux. Et le Cambrésis est plus atteint que le reste du département du Nord. Le facteur alcoolique est très important : environ 45 % des personnes souffrant de dépression ont également besoin d'un traitement en addictologie (alcool le plus souvent). De plus, le nombre de patients, pour toutes les pathologies, augmente. De fait, la durée moyenne d'hospitalisation était de plus de 20 jours en 2008, et est passée à 16 jours en 2009, de manière à gérer le nombre croissant d'admissions. Tous les services fonctionnent à plein.

« Il y a tellement à faire »

Parallèlement, le Pôle psychiatrie peine à recruter les médecins dont il a besoin, alors que les budgets existent. Deux fois par an, le Journal Officiel annonce qu'environ 120 postes en psychiatrie sont à pourvoir dans le Nord. Les médecins sont bien moins payés dans la fonction publique hospitalière qu'en libéral, et en plus, le Cambrésis est trop éloigné des grandes villes. Nous avons recruté deux psychiatres en 2009 (un pour l'Orangerie, le Dr Hadoun, et un pour le secteur Cambrai-Marcoing, le Dr Haftisse). Mais c'est encore insuffisant. Il y a tellement de choses à faire.

Propos recueillis
par Diane Jégou.



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Centre hospitalier de Cambrai
116 avenue de Paris à Cambrai, Tél. 03 27 73 73 73.
- Unité de soin de l'anxiété et de la dépression (Usad)
Tél. 03 27 73 76 68.
- Unité de soins intensifs en psychiatrie (Usip)
Tél. 03 27 73 73 74.
- Unité de réhabilitation psycho-sociale (URPS)
Tél. 03 27 73 73 75.

Hôpital de jour (L'Orangerie)
181 rue Gauthier, à Cambrai
Tél. 03 27 82 41 57.

Centres médico-psychologiques (CMP)
181 rue Gauthier à Cambrai
- Secteur Cambrai-Marcoing : Tél. 03 27 82 77.
- Secteur Solesmes-Avesnes-les-Aubert : Tél. 03 27 82 41 57.
- Caudry : 129 rue de la République, Tél. 03 27 85 57 54.
- Le Cateau : 4 rue du Marché-aux-Chevaux, Tél. 03 27 84 28 66.
- Antenne d'Avesnes-les-Aubert : 29 place de l'Église, Tél. 03 27 37 23 11.
- Antenne de Solesmes : 5 bis rue de l'Abbaye, Tél. 03 27 37 38 51.

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Il y a 1 réaction à cet article

De laurent p. (chamalieres)
Posté le 11 03 2010
aussi...
j'aimerais ajouter qu'il faut également avoir un regard douteux quant à l'efficacité de la psychiatrie(récidives des patients...trop constante..d'ou le manque de lits?)comme le mentionne de plus en plus les médias...vigilance donc!! http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-12-17/le-grand-mensonge-des-antidepresseurs/920/0/405811 http://www.courrierinternational.com/article/1997/12/11/les-dollars-du-lobby-psychiatrique