Dossier du 18/11/2009 à 16:53
Hommage à Didier Boulanger : « Discret et sans histoire »
Didier Boulanger aurait eu 53 ans le 1er décembre.
Didier Boulanger, un Cambrésien de 52 ans, a été tué dans des circonstances atroces le 5 novembre. Ses amis parlent d'un homme sans histoire, « simple et serviable ».

Une mort atroce. Massacré vivant chez lui, jeudi 5 novembre, rue des Anglaises à Cambrai, après une soirée trop alcoolisée. Le corps de Didier Boulanger, un Cambrésien de 52 ans originaire de Ham dans la Somme, a été retrouvé mutilé dans la nuit du 5 au 6 novembre, éviscéré, le visage lacéré, le sexe coupé.

Un couple de Cambrésiens, mis en examen pour homicide volontaire avec torture et acte de barbarie et pour non-empêchement de crime, est toujours en détention provisoire.

 Didier Boulanger n'était pas marié, n'avait pas d'enfant. Dans la Somme, il aurait visiblement un frère. Ses amis et ses connaissances se souviennent d'un homme discret, gentil, serviable et surtout  sans histoire. Un scénario épouvantable qui reste impensable pour tous.

« On le considérait comme notre petit frère », explique Tassa, une de ses amies de Cambrai. Elle le connaissait depuis une dizaine d'années. Les trémolos dans sa voix en disent long. « Sa famille, c'était nous ! Youyou (surnom de Didier) était unique. On prenait soin de lui. » Elle décrit un homme « simple et courageux », se souvient de son attitude, de ses « mimiques ».

Catherine le connaissait depuis 2004. Elle parle d'une « bonne pâte, quelqu'un qui n'avait pas un soupçon de méchanceté », un homme « serviable et sans histoire ». Les souvenirs resurgissent.

« Il se promenait souvent avec son chapeau de cow-boy... Il aimait le jardinage... On a fait beaucoup de barbecues ensemble. On fêtait les anniversaires... »
 
Compagnon d'Emmaüs

Sans travail, Didier Boulanger avait fait partie de la communauté d'Emmaüs entre 1996 et 1998, à St-Quentin.

« Je me souviens encore de son sourire de connivence. Il nous a laissé que des bons souvenirs », explique Sigried Raff, responsable de la communauté de St-Quentin.

Elle garde en mémoire un homme qui avait « un bon esprit de compagnon et le sens du partage ». Il avait travaillé au réfectoire puis sur les camions. Il allait chez les clients. 

« Un bosseur », précise Christian. « En cuisine, on ne s'ennuyait pas avec Didier », se rappelle Olivier.

Didier était arrivé à Cambrai, il y a une dizaine d'années. Il a vécu avenue du Cateau avant de déménager, à la fin du printemps de cette année, rue des Anglaises. En 2004 et 2005, il avait travaillé à Bio Cambrésis, une association d'insertion, en tant qu'ouvrier en agro-alimentaire. Et là encore, c'est le souvenir d'un homme discret et sans histoire.

« Il était content de venir travailler, il était motivé », explique une encadrante de l'association.

Les mots sont difficiles à trouver pour ses amies qui se disent choquées par une telle atrocité. Les connaissances de Didier sont toutes dans l'incompréhension la plus totale.

« Ce n'était pas un gars à être saoul tous les jours ! Il aimait boire un petit verre, mais comme tout le monde, souligne une de ses amies. Il ne méritait pas ça... »

La responsable de la communauté d'Emmaüs St-Quentin est aussi sous le choc.

« Il a eu une fin horrible. Ça relève de l'inimaginable. Il n'était pas méchant, pas agressif... Ce n'était pas son genre de fréquenter des loubards...»




A lire également:
- Le meurtre a eu lieu rue des Anglaises, le jeudi 5 novembre dans la soirée
- La conférence de presse du procureur de la République en vidéo


Article rédigé par :
delphine kwiczor

Actualité Flash info

Image ou texte alternatif