Après la Seconde Guerre mondiale, le peloton du Tour de France n'a retraversé Cambrai pour la première fois qu'en 1964. Les coureurs ont également roulé dans la Cité de la bêtise en 1967, 1970, 1978 et 1979. Cependant, il a fallu attendre 2004 pour voir Cambrai devenir enfin ville étape. C'était pour le départ du contre-la-montre par équipe en direction d'Arras le 7 juillet. Autant dire qu'accueillir la Grande Boucle seulement six ans après est un événement.
Cambrai n'est pas la première ville du Cambrésis à avoir accueilli une étape du Tour de France. En effet, en 1982, déjà un 7 juillet, Fontaine-au-Pire aurait dû aussi voir le contre-la-montre par équipe dans ses rues. Mais des sidérurgistes denaisiens en avaient décidé autrement en bloquant les premières équipes. L'année suivante, les organisateurs redonnaient sa chance à Fontaine-au-Pire et c'est Jean-Louis Gauthier, un presque Cambrésien, puisque son épouse est originaire de Marcoing, qui endossait le maillot jaune. A ce jour, 42 communes du Cambrésis ont été traversées et jusqu'à cette année c'est Solesmes qui détenait le record de passages avec 7 visites. Mais Cambrai va, avec le départ de 2010, revenir à égalité avec la Cité des seringueux.
Le club des sept
Quant aux coureurs originaires ou résidents du Cambrésis, ils ne sont que sept à avoir participé à la Grande Boucle. Jules Deloffre, le Catésien, participa même à 14 éditions entre 1908 et 1928. Presque un record sachant que la Première Guerre avait contraint le Tour à une pause de quatre années. Très connu dans le milieu cycliste du Cambrésis, il est décédé accidentellement à 78 ans alors qu'il rentrait au Cateau à bicyclette après avoir assisté à une course à Cambrai.
En 1924, un futur marchand de vélos place du 9 octobre prenait le départ, mais il n'a pas fini le Tour. Par contre, son neveu, également nommé Fernand Lemay, terminait le Tour 1936 au 30e rang, avant d'être accueilli sur une grand'place noire de monde. Quelques années plus tard, Fernand Robache, un Solesmois, et Jérôme Declercq, un Belge résidant à Iwuy, prirent part au Tour de France dans la catégorie des touristes-routiers.
Edouard Delberghe, le Vieslysien, allait lui se distinguer lors du premier de ses huit tours en terminant à la 13e place en 1958. Philippe Delaurier est à ce jour le dernier à avoir pris le départ comme coureur en 1986. On le retrouve chaque année au volant d'une voiture de commissaire. Dans cette liste, Robert Mintkewicz a, lui, passé la plus grande partie de sa carrière amateur au CC Cambrai, avant de faire la carrière pro qu'on lui connaît en participant à huit Tours, dont plusieurs en capitaine de route. Qui leur succédera ? Peut-être, le Caudrésien Florian Sénéchal.
D.F. (CLP)